Faire comme si…

Faire comme si tout allait bien.

Quand mes proches me demandent si ça va, pour ne pas m’étaler, ne pas rentrer dans les détails, j’en arrive à répondre que oui ça va, alors qu’en réalité, j’ai cette douleur latente au fond de moi, à laquelle j’essaye de ne pas penser, mais qui est bel et bien là.

Je ne prends plus de traitement en ce moment, certes ça fait du bien à mon corps, mais mon corps a quand même pris cher au cours de cette FIV. Ces 5kg que j’ai pris et qui ne partent pas, cette volonté que je n’ai plus à me limiter pour perdre du poids.

Le mental en a pris un coup aussi. J’ai ces rêves et cauchemars que je fais régulièrement autour de la grossesse, de la maternité, et ces non événements que je vivrais peut-être un jour, ou pas.

La FIV (et le parcours PMA de manière générale) met le couple à rude épreuve. On a beau être solide, on a beau être ensemble depuis 12 ans, j’ai beau l’aimer plus que tout, être prête à tout ou tout du moins beaucoup pour lui, pour nous, le parcours PMA n’est pas un long fleuve tranquille, et je sens bien que notre couple évolu. Que notre sexualité n’est plus la même. On n’arrive plus à se laisser aller, à être nous, à prendre du plaisir sans penser au désir d’enfant. C’est un peu devenu une obsession.

J’ai beau savoir que la prochaine FIV ne sera qu’en novembre, j’y pense souvent, en même temps dur de ne pas y penser.. entre les collègues qui parlent de leurs enfants tout le temps, et se plaignent bien souvent, les femmes enceintes qu’on croise et j’en passe, dur d’oublier, de faire comme si de rien n’était.

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression d’être à part, de m’isoler par rapport aux autres, à ces mères qui semblent faire partie d’un autre monde. J’ai l’impression d’avoir ces trois lettres gravées sur mon front, comme si tout le monde savait… Ne pas être mère, au bout d’un moment, ça exclue, surtout quand on attends que ça. Pourtant, pas besoin d’être mère pour comprendre ce qu’elles vivent, pouvoir en discuter. Mais je ne me sens pas légitime à en parler, encore moins à donner des conseils ou mon avis. Qui suis-je, moi qui n’ai même pas d’enfant, pour me prononcer et prendre part à ce genre de conversation ?

La vie aurait pu être tellement différente si on avait pas vécu tout ça. Bien des couples y sont confrontés, certains le vivent mieux que d’autres. J’aimerais bien mettre tout ça dans un coin de ma tête, ne plus y penser, réussir à redevenir nous-mêmes. Ça me fait mal de voir que tout ça prend le dessus sur notre vie.

Alors on continue de faire avancer nos projets, de se prévoir des WE à droite à gauche, des voyages, à se faire plaisir, avec parfois un peu l’impression de compenser un manque comme on peut.

Et à la fois, qu’est ce qu’on peut faire de plus ? On a confié notre destin entre les mains du corps médical, en espérant que la science nous aide, réalise notre vœu le plus cher. On s’en remet à des choses qu’on ne maîtrise pas, sur lesquelles on a finalement très peu de prise, voire aucune. Et on se dit, est-ce qu’on fait les bons choix ? L’avenir le dira.

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FIV 2

Aujourd’hui je suis tombée sur cet article sur le net :

https://www.santemagazine.fr/actualites/actualites-sante/infertilite-un-couple-se-retrouve-avec-4-enfants-en-13-mois-seulement-361819

Encore une situation d’exception qu’on nous envoie dans la figure et qui vient s’ajouter à la longue liste déjà établie par très brillante brunette ici

Alors certes, elle en a certainement bavé, mais le dénouement est quand même dingue et frôle l’irréel… si après on nous ressert pas du « pense à autre chose, pars en vacances tu verras ça viendra ! ». Ben oui pardi, pourquoi j’y ai pas songé plus tôt ?! J’ai lu encore récemment qu’un couple sur 2 en parcours PMA n’aurait pas d’enfants. J’ai aussi lu le témoignage d’un professeur de renom que l’on connait toutes, faisant état du retard de la France, et du fait que le taux de réussite de la PMA en France est à peine de 30%. Déjà que 50 c’était pas énorme, mais alors 30, ça donne pas beaucoup d’espoirs ! On nous répète à juste titre que le parcours PMA est un parcours du combattant, mais jusqu’à quel point ? A mon stade, je ne me pose pas trop de questions, mais malgré tout, des fois je me demande jusqu’où on va aller, jusqu’à quand on va tenir. On est un couple solide certes, mais mis à rude épreuve dans ces moments là, et j’ai pas envie que le désir d’enfant bouffe 10 ans de ma vie et mon couple. Il est encore tôt pour y songer, mais ça me trotte dans la tête quand même. Et à la fois, on s’accroche tellement à cette petite lueur…

Les jours filent, mais le mois de novembre est encore loin. Alors certes, les beaux jours arrivent, l’été avec. Mais ça en fait des mois à attendre. L’attente, encore et toujours. Alors oui, on aurait pu se tourner vers un autre centre, mais je crois qu’on est pas encore prêt, et on va tester la FIV2 dans ce centre. On verra ensuite ce qu’on décide.

Mais faire une FIV en novembre, c’est aussi avoir en tête qu’il pourrait y avoir un échec à encaisser juste avant Noël, histoire de bien nous rappeler notre statut de nullipare ! Jusqu’à présent, les Fêtes de Noël m’avaient pas vraiment angoissées, mais cette année je dois avouer que j’ai tout sauf envie de me retrouver en famille… du coup on commence à évoquer l’idée de partir, pas forcément loin, mais juste histoire de pas en rajouter au cas où…

Et puis bon, à force, je trouve que Noël est parfois un peu surfait. On a tendance à en faire des tonnes, c’est à qui fera le plus de cadeaux, et quand y a des enfants c’est encore pire, même si je crois que dans ma famille je suis relativement épargnée ! Ce que j’aime dans Noël c’est de se retrouver tous ensemble, dans une ambiance festive mais simple, avec de bons petits mets qui sortent un peu de l’ordinaire. Bref, cette année, je crois que ce sera pas pour nous ! On va se chercher un petit endroit sympa et cocooning !

Vie de merde, elle peut pas me lâcher celle-là ?

Pourquoi la vie s’acharne toujours ? Pourquoi quand j’essaye d’oublier, de mettre ça de côté il y a toujours quelque chose ou quelqu’un qui a le don de m’y faire penser ?

Que mes règles débarquent ce week-end ça c’était prévu, je m’attendais pas à autre chose. Vous me direz si, on a toujours un infime espoir, aussi petit soit-il. Bon, personnellement le mien s’amenuise grandement au fur et à mesure que les années passent. Bref, donc ça, soit, c’était « attendu ».

Mais apprendre plusieurs naissances en quelques jours… surtout quand il s’agit de personne dont on a pas de nouvelles depuis des années, et qui hop du jour au lendemain vous balance un mail pour vous étaler leur bonheur sous le nez… ça j’adore !! Je m’en serais bien passé, d’autant que bon, à quoi bon répondre si ce n’est pour me faire du mal ?

Ah, et parlons de facebook, le meilleur réseau qui existe pour ce genre d’annonce.. à croire que les sms et appels, c’est déjà du temps passé, je dois plus être à la page ! Et ben tant pis !

J’ose encore espérer que les vrais proches, les amis, ceux pour qui on compte et qui comptent pour nous prendraient la peine de nous apprendre des nouvelles, quelles qu’elles soient, de vive voix.. donc si ce n’est pas le cas, je me dis que finalement, on doit pas être si proche que ça !

Ce parcours, aussi long et sinueux soit-il, nous amène à faire des choix. Partager ou pas. Répondre aux questions indiscrètes, les esquiver, ça marche un temps. La famille, les amis, les collègues. Pour chaque relation, on se pose la question. On en parle ou pas ? Parfois difficile de choisir, de se dire on se confie. Et c’est pas toujours une question de proximité, de confiance. Des fois, on a aussi pas envie d’en parler, juste pour que ce sujet ne soit pas dans nos conversations. Ça fait aussi du bien d’avoir des relations qui posent pas de question, même si bien sûr vu notre âge, notre stade d’avancement dans la vie la plupart ne sont pas crédules.

Le week-end touche à sa fin, et il a été plutôt positif ! Un petit coup de déprime, ça m’avait tellement manqué ! Allez, un petit verre de rouge, un film ou une série à la con, ça me changera les idées !

Prendre du recul

Une semaine est passée depuis mon rendez-vous avec mon gynéco, et je dois dire que la semaine a vraiment pas été simple.

Je suis passée par plein d’émotions, à passer mon temps à pleurer, à voir tout en noir, à être énervée. C’est dur d’essayer de positiver mais de pas réussir ! De se mettre à pleurer pour rien..

Par chance, j’ai réussi à avoir un rendez-vous avec la psy vendredi. Même si je peux pas dire que ça ait été miraculeux, au moins j’ai vidé mon sac, j’ai laissé sortir toutes mes émotions, toute ma colère. Ça m’a quand même fait du bien.

Le week-end a pas été simple, mais j’avais la perspective des vacances. Lundi soir, j’étais dans le train direction le grand air de la montagne. Déconnexion totale avec le travail, l’hôpital, le quotidien.

Après réflexion, on a décidé de faire une pause sur notre parcours PMA. Novembre, c’est loin et à la fois proche. On a besoin de penser à autre chose.

J’ai repris le sport, le footing, le cardio et tout ce qui me permet de m’évader, on a programmé pas mal de week-end, on réfléchit aux vacances, aux travaux qu’on aimerait avancer chez nous !

On va quand même pas se laisser abattre par la PMA ? Bon certes à force elle nous use, mais justement, ça fait du bien de se dire qu’on a l’esprit libre quelques mois !

FIV2…

Aujourd’hui j’avais rendez-vous au centre PMA pour envisager la suite, la FIV2. J’avais préparé un tas de questions, pour une fois j’avais pris le temps d’y réfléchir.

Mais je m’étais juste pas préparé à une chose, c’est qu’on me dise qu’il y avait pas de place avant novembre pour entamer une nouvelle FIV… là ça nous a laissé sans voix… Je me suis sentie démunie, complètement désemparée. Celle-là, je l’attendais vraiment pas.

Mon référent m’a proposé de me suivre ailleurs, là où il n’y a pas de délai d’attente. Sauf que c’est pas du tout vers chez moi, c’est même à l’opposé de chez moi. Alors certes il y a pas d’attente, mais pour le suivi pendant le cycle, je vais où…? L’avantage du centre où je suis, c’est que c’est pas loin de mon travail, que je peux faire écho et PDS tôt le matin.. là ça s’annonce un peu être le parcours du combattant.

Autre possibilité, aller dans le privé, et du coup me retaper tous les examens, sans garantie de réussite…

Bref je suis perdue, j’ai passé une bonne partie de la journée à déprimer…

J’imagine que certaines d’entre vous habitent aussi en Ile-de-France, est ce que ce délai vous paraît long ? Est ce que vraiment dans le privé c’est plus rapide ?

Et je suis aussi partagé parce qu’en soit on sait pas ce qui cloche chez nous.. le spermogramme de chéri est normal. Moi j’ai pas énorme de follicule pour mon âge mais j’en ai quand même, et comme diraient certains il en suffit d’un… le seul point qui est pas top c’est mon endomètre pas très épais… il est entre 6 et 7. Sauf que ce matin, le gynéco m’a dit que dans les dernières recommandations européennes, on leur disait qu’il fallait arrêter de regarder l’endomètre, que même un endometre à 2 pouvait donner une grossesse…

Du coup je suis un peu perdue… entre l’envie d’attendre novembre, de me reposer en me disant tant pis. Et d’aller tenter une FIV ailleurs, en prenant en compte le fait que ça va être compliqué à gérer, mais que je peux avoir un délai plus rapide…

Bref, est-ce que vous avez un avis ?

FIV 1… the end

Après quelques jours de haut et de bas, je suis maintenant fixée, ce sera pas pour cette fois… les résultats de la première prise de sang m’ont fait un faux espoir, mon taux n’était pas folichon, mais au dessus de 5 quand même !

La deuxième m’a fait redescendre sur terre, et puis un nouveau cycle a démarré…

Heureusement, j’avais calé un week-end de longue date avec une super amie à Barcelone ! Je dois dire que ça m’a aidé à digérer la nouvelle et à prendre du recul.. même si le retour en France ne me fait pas rêver..

Enfin c’est comme ça, il y a plus d’embryon, retour à la case départ. On va repartir pour une nouvelle ponction, quand je sais pas, on verra ça avec la pma, ça dépendra des places disponibles.. j’espère dans pas trop longtemps, juste le temps de laisser à mon corps le temps de se remettre, et à notre couple aussi !

Dans 15 jours on part au ski, cette semaine sera aussi vraiment la bienvenue !

Je crois que le plus dur, au-delà de nos tentatives infructueuses, c’est de voir les autres y arriver, et involontairement mettre de la distance avec certains… c’est peut-être égoïste, mais quelque part c’est une manière de se protéger.. Je serai toujours là pour mes proches, mais avec le temps, on apprend à faire le tri.

Bref, rendez-vous dans quelques mois j’espère pour la suite ! J’espère un jour connaître le bonheur et la joie d’être maman, et de fonder une famille… à suivre !

TEC 2…

Et voilà, le transfert c’était aujourd’hui ! La dernière fois, j’avais complètement oublié de boire, du coup j’avais enchaîné quelques verres d’eau dans la salle d’attente.

Aujourd’hui, j’avais pris une bouteille, j’ai commencé à boire dès 12h. Sauf que du coup, à 14h, j’avais la vessie ultra pleine, un peu trop je crois !

C’est toujours un moment émouvant, le moment où on nous annonce que la décongélation s’est bien passée, où on voit le cathéter et l’embryon. Le résultat d’une FIV, de mois d’essais pour trouver le juste dosage.

Enfin voilà, dernier embryon transféré, place à l’attente jusqu’au jour J !